Pourquoi bien s’alimenter est-il essentiel dans les troubles de la thyroïde ?

Les dysfonctionnements de la thyroïde sont des problèmes de santé qui sont fréquents et touchent 10%  de la population française. Selon l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), la vente de médicaments traitant les troubles de la thyroïde a fortement évolué au cours de 20 dernières années. On est passé de 4 millions de boites vendues en 1990 contenant de l’hormone de synthèse à 34 millions de boites en 2012 ce qui représente environ 2,9 millions de personnes touchées. Cela vaut le coup de s’intéresser à ce problème !

A quoi servent les hormones thyroïdiennes ?

La thyroïde permet, grâce à des messagers, les hormones, l’activation ou la mise au repos d‘un organe par exemple. Son rôle est de secréter les hormones thyroxine (T4) (représentant 93% de la sécrétion) et la tri-iodothyrosine (T3) qui est la forme hormonale active. La thyroïde est sous le contrôle d’une hormone hypophysaire appelée TSH (Thyroid Stimulating Hormon) ou thyréostimuline secrétée par l’hypophyse, elle-même stimulée par la TRH sécrétée par l’hypothalamus. Il s’agit d’un mécanisme par rétrocontrôle qui permet de maintenir un taux optimal d’hormones dans le sang (quand tout fonctionne bien).

En effet, les fonctions des hormones thyroïdiennes sont :

  • de réguler les fonctions cardiaques (le débit, la fréquence)
  • de réguler la production de chaleur
  • réguler les fonctions digestives, l’appétit, les sécrétions du tube digestif et le péristaltisme
  • de réguler les hormones sexuelles.
  • de favoriser la croissance osseuse et la maturation du système nerveux

La thyroïde est donc le centre de la régulation corporelle dont le chef d’orchestre est l’hypothalamus.

Un dérèglement de ces messages et c’est tout l’organisme qui est touché et déséquilibré. Dans la conception holistique de l’organisme, la thyroïde fait partie d’un ensemble complexe dont le but est la recherche de l’homéostasie. L’homéostasie est l’équilibre de l’ensemble de l’organisme quelles que soient les contraintes externes. Elle agit de concert avec notamment l’hypophyse, l’hypothalamus, les glandes surrénales pour détecter et rétablir tout changement dans la chimie du corps. Cela concerne notamment le déséquilibre de la glycémie, les déséquilibres hormonaux, l’inflammation, les carences nutritionnelles, la toxicité, la congestion du foie, la mauvaise digestion…

Développement d’un goitre

Ainsi, Des problèmes d’hypothyroïdie, d’hyperthyroïdie peuvent apparaître et auront pour conséquence un ralentissement ou un emballement du métabolisme, le développement de goitres, de nodules, qui dans certains cas conduisent au cancer de la thyroïde. Le diagnostic met souvent un nom sur des symptômes ou des signes qui sont ressentis longtemps auparavant par les patients. Cet état nécessite alors une prise en charge médicale mais aussi d’un suivi par un naturopathe qui leur apportera un autre éclairage sur l’importance d’avoir une bonne hygiène de vie.

En effet, même si l’apparition de ces troubles de la thyroïde se manifeste soudainement et parfois brutalement, l’installation des conditions favorisant son apparition se sont généralement fait progressivement avec le temps. Certains facteurs prédisposant se sont accumulés débouchant sur ces troubles. Ainsi, dans le cas de la maladie d’Hashimoto et de la maladie de Basedow, une prédisposition génétique est un élément récurrent, or cette prédisposition ne s’exprime pas forcément. D’autres facteurs doivent y être associés tels qu’une alimentation pauvre en nutriments essentiels à la fabrication des hormones thyroïdiennes mais aussi des perturbateurs endocriniens, la prise de tabac, le stress intense…

La qualité de l’alimentation est par conséquent essentielle car ce que l’on mange quotidiennement est censé nous apporter les matériaux nécessaires à la synthèse de nos cellules et leur fonctionnement.

Quels sont les éléments constitutifs des hormones thyroïdiennes ?

Il a plusieurs étapes à la formation des hormones aboutissant à la forme thyroxine (T4) et la tri-iodothyrosine (T3) qui est la forme hormonale active. Sur une structure de base formée de tyrosine, se rajoutent des atomes d’iode et précisément 4 atomes d’iode pour l’hormone T4. Pour rendre cette hormone active, un processus enzymatique détachera un atome d’iode dans la molécule formant la l’hormone T3. La formation de ces hormones est le résultat d’un processus complexe et intelligent nécessitant plusieurs co-facteurs.

En effet, pour la synthèse des hormones thyroïdiennes différents nutriments sont indispensables comme l’iode, le magnésium, le fer, le zinc, le sélénium, le molybdène et des vitamines B, B2, B3, B6, B12  ainsi que les vitamines D, A et E. Un autre élément est aussi essentiel, il s’agit de la tyrosine qui est l’un de 20 acides aminés essentiels provenant des protéines. La tyrosine constitue en quelque sorte « le squelette » de l’hormone sur lequel va se fixer l’iode.

Où trouve-t-on ces éléments ?

L’ensemble de ces nutriments doit être apporté par l’alimentation quotidienne et parmi tous ces éléments qui ont chacun leur importance, un élément sort du lot, il s’agit de l’iode.

L’être humain trouve l’iode principalement dans les coquillages et crustacés, le poisson, les algues, le fromage, le lait, le sel iodé, et à moindre proportion dans les céréales, les légumes comme les haricots verts….

Or de nombreuses études montrent que les besoins en iode ne sont pas assez couverts par l’alimentation moderne. L’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail souligne que d’après l’étude INCA 2 (étude individuelle nationale des consommations alimentaires) qu’elle a menée, les apports moyens en iode se situent à 126 µg/j chez les adultes et 106 µg/j chez les enfants. L’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) quant à elle estime que 35% des habitants de la planète sont carencés en Iode.

En 2006, la réglementation française fixe les apports journaliers recommandés à 150 microgrammes par jour comme valeurs repères. Ces Apports journaliers Recommandés ont été fixés de manière différente en fonction de l’âge et de l’activité des individus. Par exemple, les femmes enceintes auront un besoin plus important d’iode pour assurer un développement normal du fœtus et notamment une élaboration des fonctions cérébrales. Ainsi, les AJR sont évalués à 200 microgrammes les concernant. Les sportifs ont un besoin en iode évalué à 300 microgrammes. En dessous de ces valeurs de référence, il a été déterminé que les risques étaient importants de développer un goitre, des dysthyroïdies, des anomalies mentales et des troubles psychomoteurs pour les enfants, des complications obstétricales, des anomalies congénitales, de lésions irréversibles chez le fœtus et de mortalité néonatale.

Le sel iodé suffit-il à couvrir nos besoins en iode?

Afin d’assurer ces apports, il a été proposé de rajouter de l’iode dans le sel de table. Or, ces dernières années, la population a été sensibilisée pour réduire la consommation de sel par crainte de l’hypertension. La prise de sel iodé a donc baissé en moyenne se répercutant sur la prise d’iode. De plus, l’iode est une substance chimique volatile, une bonne partie de l’iode rajoutée dans le sel s’évaporerait dans l’air dès l’ouverture des sacs et au fil du temps. La quantité d’iode ingérée devient donc minime au fur et à mesure de l’utilisation du sel iodé. On parle de sublimation de l’iode au contact de l’air.

En outre, certaines études ont montré que la biodisponibilité de l’iode contenu dans le sel était seulement de 10% et il faut préciser que, malheureusement, le sel employé est un sel raffiné dépourvu des minéraux présents dans le sel marin et exposé à des substances chimiques utilisées pour son raffinement.

En conclusion, ces éléments indiquent que le sel iodé de table n’est pas une ressource suffisante et à conseiller pour combler les besoins en iode de la population. Il vaut mieux privilégier le sel marin riche en minéraux et éviter de trop saler ses aliments.

En effet, Le nombre constant d’augmentation de problèmes de thyroïde montre en effet que le sel iodé n’a pas résolu le problème de carence en iode. Plusieurs explications peuvent expliquer ce phénomène qui ne concerne que les malades diagnostiqués et traités et non pas les personnes non diagnostiquées qui subissent les troubles sans en trouver la cause. Les carences en certains nutriments et notamment en iode sont une partie de l’explication.

Comment favoriser une alimentation riche en iode?

En premier lieu, traditionnellement en France, la consommation alimentaire de protéines est plus volontairement à base de viande rouge ou blanche que de poisson ou de coquillage. Au mieux, la consommation de poissons ou de fruits de mer est en général d’une fois par semaine et pour bon nombre de personnes, la consommation est inexistante pour des raisons d’habitudes culturelles ou de coût. Il faut aussi préciser que la cuisson favorise l’évaporation de l’iode, il serait préférable de manger les fruits de mer et poissons crus quand cela est possible (huitres, sous forme de marinade, salaison, séché ou sashimi…).

Ainsi, de nombreux spécialistes s’accordent pour dire qu’il faut augmenter les apports par la consommation d’huitres, de coquillages, de poissons marinés ou peu cuits, d’algues et cela plusieurs fois par semaine pour obtenir un taux suffisant d’iode. On y trouvera par ailleurs du zinc, du sélénium, autres co-facteurs indispensables.

Où trouve-t-on les autres éléments nécessaire à la synthèse de nos hormones thyroidiennes ?

Dans l’alimentation, le sélénium est concentré dans la noix du Brésil (50 µg, il vaut mieux éviter de la consommer  de manière importante, 4 noix équivalent à 200 µg de sélénium), les huitres et autres fruits de mer, le poisson, la viande, les abats, dans les céréales, les œufs, les légumes champignons, oignons, tomates, chou, brocoli, ail.

En ce qui concerne le magnésium, ce minéral est présent dans les légumes, les céréales complètes, le son de blé, les légumes secs, le soja, les oléagineux comme l’amande, la noisette, les graines de courges, dans certaines eaux, les fruits de mer.

Notre organisme trouvera du fer par la consommation régulière de viande rouge ou blanche, d’abats, de boudin, de cacao, œufs et fruits secs.

Concernant les vitamines, la vitamine B1, B2, B3, B6, B12 ainsi que la vitamine D jouent aussi un rôle dans l’activité de la thyroïde. La malnutrition, la prise de médicaments comme de la pilule contraceptive, le tabac peuvent être responsables d’une carence. Là encore, la viande, les poissons, les œufs, les fruits secs, les farines complètes, les légumineuses fournissent ces vitamines. La tyrosine est l’un des 20 acides aminés qui composent les protéines et constitue le squelette de l’hormone sur lequel va se fixer l’iode. Une carence en tyrosine entraine fatalement une carence en hormones.

La quantité de tyrosine dépend d’un apport alimentaire suffisant et de la conversion à partir d’un autre acide aminé la phénylalanine. Manger des protéines quotidiennement est indispensable, qu’elles soient d’origine animale ou végétale : légumineuses, soja, pois chiches, haricots, lentilles, les avocats, les fèves, noix, noisettes, amandes, banane…

Pourquoi les lipides sont essentiels au fonctionnement de notre organisme?

Les apports d’huiles riches en oméga 3 sont également importantes pour éviter la rigidité des membranes de cellules et permettent les réactions enzymatiques, le passage dans les cellules des éléments nécessaires à leur fonctionnement et notamment les hormones. Il est par conséquent conseillé de consommer l’huile d’olive et l’huile de colza. Tous les produits apportant des graisses saturées ou trans sont à éviter c’est à dire l’huile de tournesol, les charcuteries, fromages, beurre, viandes grasses….

En conclusion,

Une alimentation variée, équilibrée est donc indispensable pour apporter à l’organisme les éléments de base à son bon fonctionnement et plus particulièrement à un bon équilibre hormonal et le recours à une supplémentation par des compléments alimentaires s’avère utile dans certains cas lorsqu’ils sont recommandés par un professionnel.

Cependant, il n’est pas toujours facile de savoir si notre alimentation quotidienne fournit bien à notre organisme les nutriments nécessaires à un bon équilibre. Un bilan global établit par un naturopathe permettant de faire le point sur les habitudes alimentaires, l’hygiène de vie, votre niveau de stress est un bon moyen de se rassurer et de mettre en place des bonnes habitudes pour pérenniser sa vitalité.

Pour en savoir plus sur ce sujet, l’ouvrage « Thyroïde les solutions naturelles » du Dr Philippe Véroli, Editions Thierry Souccar apporte un bon éclairage du sujet.

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